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Nématodes du pin, nouvelle menace pour les forêts de pin françaises

Le 4 novembre 2025, le premier foyer de nématode du pin fut découvert en France à Seignosse, dans le département des Landes (40).

L’espèce, Bursaphelenchus xylophilus, est originaire d’Amérique du Nord où elle n’est pas pathogène sur les pins autochtones mais est fatale pour la plupart des pins européens, dont elle est l’agent pathogène responsable de la maladie du flétrissement du pin.
Présent depuis le début du XXème siècle en Asie de l’Est (Japon puis Corée et Chine), où il est responsable du dépérissement de millions de pins, puis en Europe (Portugal en 1999 et Espagne en 2008), ce nématode représente un enjeu majeur de la protection des forêts françaises et européennes pour les années à venir.

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Nématode du pin au microscope © © INRAE - Yannis Clavier

Ce ver microscopique (de moins de 1 mm) est transmis à l’arbre par un insecte vecteur, le coléoptère Monochamus galloprovincialis en Europe. L’insecte devient porteur de nématodes lorsque sa larve saine se développe dans un arbre déjà contaminé et par ailleurs affaibli, qui constitue un milieu favorable à la ponte des Monochamus. En effet, les nématodes sont attirés par les larves de Monochamus et pénètrent dans leurs trachées. Après leur métamorphose, les jeunes insectes émergents sont attirés par des arbres sains pour leur repas de maturation sexuelle : c’est lors de ce repas que les nématodes pénètrent dans les canaux de sève du xylème par les blessures provoquées par l’insecte. Une fois dans l’arbre, selon les conditions climatiques, ils peuvent se multiplier rapidement et bloquer la circulation de la sève brute, ce qui provoque les symptômes de la maladie : rougissement, dessèchement puis chute des aiguilles, flétrissement et dépérissement de l’arbre par embolie. La mortalité s’observe alors en quelques semaines seulement. Une latence (symptômes apparaissant l’année n+1) ou des arbres asymptomatiques complètent le spectre de cette interaction.

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Monochamus galloprovincialis, insecte vecteur du nématode du pin. © © INRAE - Inge van Halder

Le nématode du pin ne peut pas se déplacer seul d’un arbre à l’autre, en revanche, l’insecte vecteur Monochamus peut parcourir en moyenne jusqu’à 2 kilomètres par jour au sein d’une forêt de pins homogène, et plusieurs dizaines de kilomètres au cours de sa vie. La cause de l’introduction du nématode du pin en France reste inconnue à ce jour. En revanche, sa propagation implique nécessairement le déplacement de l’insecte vecteur. Le foyer, situé à proximité d’un axe commercial, était donc plus exposé.


En Aquitaine, des travaux de recherches sont menés au sein de la plateforme EMERGREEN (https://ror.org/020dmyn61), une infrastructure de confinement de niveau 2+.

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La serre IF de la plateforme EMERGREEN, où les expérimentation sur le nématode du pin sont réalisées © © INRAE - Erwan Le Gac

Ils visent à mieux caractériser la distribution des nématodes dans l’arbre afin d’améliorer sa détection précoce, à étudier la dynamique évolutive de cet agent pathogène invasif, à mieux comprendre les interactions entre le pin, le nématode et les organismes associés (champignons, nématofaune locale) dans un contexte de risques multiples (sécheresse, hausse des températures, champignons pathogènes), ainsi qu’à identifier des ressources génétiques de pin maritime résistantes ou tolérantes au nématode. 
En France, le réseau d’animation INRAE “InterNématode” regroupe à la fois des scientifiques spécialistes du nématode du pin, de son insecte vecteur et de ses arbres-hôtes, ainsi que des gestionnaires de la filière forêt-bois. Ce réseau vise à étudier ces interactions pour mieux comprendre sa dynamique d’invasion. D’autre part, la plateforme d’épidémiosurveillance en santé végétale (Groupe de Travail Surveillance du Nématode du Pin) vise à évaluer le dispositif de surveillance en renforçant l’analyse de risque.
 

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Voir aussi

Retrouvez plus de détails sur le nématode du pin ⇒ PAR ICI
ainsi que le dernier communiqué de presse du préfet de la région Nouvelle-Aquitaine ⇒ PAR ICI